« On a sauvé le Québec ! » Vraiment ?

Le 11 décembre 2016, j’écrivais le texte qui suis sur ma page Facebook. Pourquoi ? Parce que Philippe Couillard, premier ministre du Québec, affirmait avoir sauvé le Québec ! Rien de moins !
En Février 2018, qu’en est-il ? En sommes-nous encore au même point, qu’en décembre 2016 ?
***
11 décembre 2016
Philippe Couillard,
Dans la dernière année, je me suis demandé si vous étiez déconnecté. Peut-être que vous ne preniez pas suffisamment le pouls, de vos citoyens ?  Ces électeurs dont la pression est de plus en plus haute en raison que la tornade que vous avez déclenchée, un peu partout, mais principalement dans les milieux de la santé, des services sociaux et de l’éducation. Là où il n’y avait pas d’argent à faire, là où il est souvent impossible de revenir en arrière pour réparer ce que les coupures ont saccagé.
Vous aviez comme slogan de faire avancer le Québec, mais pendant que vous et vos ministres mettiez pleins gaz sur votre destination, vous avez laissé les Québécois qui vous ont porté au pouvoir, derrière vous.
Les premiers à manger la poussière furent les plus vulnérables.  Les personnes âgées, les personnes handicapées, les enfants et bien sûr les femmes puisqu’en pénalisant les Centres de la Petite Enfance, vous avez ajouté une couche sur le plafond de verre que les femmes ont peine à briser.
La semaine dernière j’ai eu la confirmation que votre vision du Québec était biaisée, que vous nous regardiez trop de haut pour réaliser dans quel bourbier économique et social vous et votre gouvernement, nous avez sacré.
Vous prenez la pression de vos citoyens, de si haut, qu’elle ne se rend pas. Pourtant, elle est bien là ! Elle est à un seuil inquiétant pour beaucoup trop de vos citoyens !
La pression que vous avez ajoutée sur les plus vulnérables, mais également sur la classe moyenne est palpable au quotidien. Les impacts de cette pression je les vois chaque jour, chez des inconnus comme sur des gens que je connais bien. Sur le terrain, c’est un incontournable, mais vous continuez d’ignorer cette réalité. Vous savez, même ignoré, elle continu d’exister et elle va vous rattraper.
Visiblement vous ne le comprenez pas ou vous ne le percevez pas puisque vous êtes persuadé que vos décisions, vos actions, vos bâillons ont sauvé le Québec !
Au départ, j’ai cru à une parodie. Vous ne pouviez pas vous être autoproclamé sauveur du Québec. C’était impossible ! Pas avec tous ces gens qui n’en peuvent plus de vos prises de positions.  C’était un avant-goût du Bye Bye 2016, sans aucun doute. Pourtant, vous l’avez bien dit cette phrase !
Vous n’avez pas sauvé le Québec, Monsieur Couillard. Nous sommes sur le respirateur artificiel. L’air passe de peine et de misère.
Si vous étiez à l’écoute de vos électeurs, vous sauriez que Diane vit toute seule avec son fils autiste et trisomique de 23 ans. C’est votre bénévole la plus dévouée, car tous les chapeaux qu’elle porte pour le bien-être de son fils ne sont pas reconnus, encore moins rémunérés.  Son dévouement vous ne le reconnaissez pas, à la limite vous le méprisez, puisqu’elle lutte encore pour obtenir des services pour son fils. Des Diane, qui s’appellent en également Lucie, Chantale, Brigitte, Manon, Yvette, Suzanne, Claudette, il y en a de plus en plus Monsieur Couillard. Elles vous ont écrit, à vous, à vos collègues, mais leurs demandent d’aide sont demeurés sans réponses.
En laissant tomber Diane et son fils, vous méprisez également Josiane, qui doit se présenter chez Diane, avec son titre de travailleuse social, son dévouement et son grand cœur, mais avec une enveloppe budgétaire vide. Elle devra tenter de rassurer Diane, de lui promettre qu’elle fait son possible pour lui décrocher de l’aide, des services, tout en rageant par en dedans, parce que si elle a choisi de faire ce métier c’est qu’elle voulait aider.
Comment aider alors que vous avez barré la porte et que vous êtes parti avec les clés, Monsieur Couillard ? Le manque d’investissement dans les services sociaux ne pénalise pas uniquement les familles et les usagés. Ils poussent vos employés au découragement, d’avoir les mains liées en raison de votre bourse que vous n’êtes pas disposé à délier.
Vous pénalisez également Christine, qui a quitté son emploi parce que son fils, qui a des besoins particuliers, a perdu sa place en garderie. Le manque de services, de budget, dans les C.R.D.I. pour les enfants de 0 à 7 ans, ne permettra pas à son fils d’intégrer une autre garderie. Il ne recevra pas de I.C.I. non plus. Il est sur une liste d’attente.
Il y a également Gilles dans le Bas-Saint-Laurent, qui a été opéré pour la hanche, mais qui n’a pas reçu les services adéquats de son C.L.S.C. lors de sa sortie de l’hôpital qui s’est fait rapido presto, car il fallait libérer un lit. Il a vu de ses yeux le dévouement, l’essoufflement du personnel infirmier, pour qui il a le plus grand des respects maintenant qu’il sait, qu’il a vu, qu’il a compris que leurs revendications sont légitimes.
Il y a Lucie aussi, dont la mère souffre de l’Alzheimer, mais qu’elle refuse d’abandonner dans un C.H.S.L.D. sachant ce qui l’attend au niveau des soins et de la nourriture. Elle est sa mère, celle qui la mise au monde, qui la langé, nourrit. Elle ne peut pas se résoudre à la laisser là, mais pendant ce temps, elle se fatigue tout en pleurant cette mère qui lui échappe. Alors qu’elle aurait besoin d’aide pour l’accompagner dans sa peine, de celle qui est toujours là et si distante à la fois, elle se dévoue et reporte à plus tard le deuil de cette maman qu’elle perd un peu plus chaque jour.
Et il y a Jacques, qui attend toujours un espace de vie adéquat pour son fils de 25 ans, qui est en C.H.S.L.D., à travers les personnes âgées, alors que cet environnement n’est pas du tout adapté à ses besoins de jeune homme qui a un développement d’enfant d’à peine quelques années.
Savez-vous pourquoi vous avez été élu, Monsieur Couillard. Savez-vous pourquoi les gens désertent le parti Libéral actuellement ? Tout le monde parle des scandales, du manque de transparence, mais il y a un fait que vous semblez ignorer parce que vous n’écoutez pas assez.
Beaucoup de contribuables ont voulu élire le médecin que vous êtes, avant tout le reste !
Ils attendaient un sauveur pour le système de santé et des services sociaux. Les baby-boomers ont paniqué en prenant connaissance de ce qui les attendait, maintenant que les bobos commençaient à sortir. Ils voyaient des amis, d’anciens collègues, un frère, une sœur, leurs parents entrer dans le système de santé et avoir peine à en sortir. Ils se disaient que ça n’avait pas de sens. Il fallait faire quelque chose. Ils n’avaient pas payé des impôts toute leur vie pour subir un système aussi déficient et inhumain.
Ils ont élu un médecin à la tête du gouvernement en se disant que vous connaissiez ça, que vous alliez les sauver de cette destinée sombre dans le système de santé.
Voilà pourquoi j’ai cru à une blague Monsieur Couillard quand vous avez affirmé avoir sauvé le Québec puisque votre principal mandat, celui pour lequel vous avez été élu, vous l’avez échoué.
Personne n’a été sauvé et aucun remaniement ne nous permettra d’oublier les deux dernières années. Et entre vous et moi Monsieur Couillard, si réellement vous étiez persuadé de la validité de vos actions vous n’auriez pas prévu remanier votre gouvernement à la prochaine session. Au fond, vous savez bien que vous êtes dans un sacré bourbier qui ne peut être oublié.
Vous misez sur ce 2 ans pour faire oublier les deux années qui ont précédé, mais aux prochaines élections vous ne serez pas sauvé. Au fond, vous le savez et sur ce point vous avez raison. En 2018 je me souviendrai. Comme tous ceux qui sont emportés par la tornade que vous avez déclenchée dans leur foyer, mais qui n’ont pas le temps de répondre aux sondages, je me lèverai pour aller voter. Ainsi vous saurez que je n’ai pas oublié, que non le Québec vous ne l’aviez pas sauvé.
***
Est-ce que les choses ont réellement changé depuis décembre 2016 ? Malheureusement, la réponse est non !
Aviez-vous oublié cette phrase : « On a sauvé le Québec » ?
Je pense que c’est dans la catégorie inoubliable mais l’important est de s’en souvenir le 1er octobre 2018, lors des prochaines élections.

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