Autisme : Les propos suicidaires d’un enfant ne sont pas un choix !

« Oui, mais c’était ton choix ! »

Ah ! Le choix ! Il a le dos large, le choix ! Prétendre à quelqu’un que : « ben t’sais, c’était ton choix », permet à n’importe quel ignorant de se déresponsabiliser face à la détresse des autres. C’est drôlement pratique. C’est même politiquement correct !

 
L’enfant autiste à l’école, la mère au travail ! Vraiment ?

 
« Quand mon enfant va commencer l’école, je vais pouvoir recommencer à travailler… » Cette aspiration, je l’ai lue et entendue très souvent dans les dernières années. Les mamans, nous prenions une pause du marché du travail pour le bien de la famille. Nous avions des enfants à besoins particuliers d’âge préscolaire, donc nous faisions la navette entre la garderie et les salles d’attente des spécialistes, en rêvant de ce moment où l’école prendrait le relais. « C’est juste une pause, je vais récupérer mon indépendance financière par la suite ! » qu’on se disait !

 
Quand le rêve devient un cauchemar !

 
Si j’ai « choisi » de retourner à l’université, plusieurs de mes amies ont « choisi » d’appliquer sur des postes qui, à première vue, leur permettraient de concilier travail et famille à besoins particuliers. Dans la dernière année, je les ai vu tomber, en majorité, les unes après les autres. Dépression, épuisement, trouble de l’adaptation… J’ai l’habitude d’être là pour mes amies mais je ne sais plus où donner de la tête ! Les mères d’enfants autistes de mon entourage ne vont pas bien !

 
La conciliation travail-famille : un mythe ?

 
Quelle conciliation ? Comment peut-on concilier le travail et les besoins particuliers quand tu dois constamment intervenir à l’école ? Comment une mère peut-elle se concentrer au travail quand elle a toujours la tête à l’école ? Comment ne pas s’en faire quand, d’un côté, il y a notre enfant qui ne vit pas l’expérience éducative auquel il a droit, faute de services, et de l’autre, les comptes qui entrent et qui doivent être payés ? Quand la détresse va aussi loin que les propos suicidaires, pour un enfant autiste de 10 ans, que fait une mère ? Elle claque la porte au système scolaire, après avoir tout tenté auprès de ce système, en criant : « Laissez-faire, je le vais le faire ! »

 

Elle tente, pendant quelques semaines, de mener de front son travail temps plein et la scolarisation de son fils, jusqu’à ce qu’elle s’épuise. Sans l’aide externe nécessaire et sans le repos adéquat, « un choix » s’impose…
Un choix ? Pas tant que ça !

 

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Les deux co-fondatrices de la Coalitions des parents d’enfants à besoins particuliers du Québec : Marie-Josée Aubin et Brigitte Dubé, ainsi que le Ministre de l’éducation Sébastien Proulx et la blogueuse Julie Philippon

 

 

Le choix de Brigitte Dubé n’était pas de scolariser son fils à la maison. Je le sais, parce que Brigitte, je la connais. Je l’ai écoutée, pendant deux ans, me parler de la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers du Québec qu’elle a mise sur pied avec d’autres parents. Elle en était la Présidente, elle y faisait un travail bénévole mais colossal. La Coalition a pris une belle notoriété, en peu de temps, en grande partie grâce à elle. Pendant que Brigitte se battait pour tous les parents du Québec et leurs enfants, son fils Antoine vivait des moments difficiles à l’école. Comme toutes les mères qui prennent d’assaut une cause, cette bataille elle l’avait avant tout entamée pour lui. À l’automne dernier, elle a également discrètement remis sa démission à titre de Présidente de la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers du Québec pour la même raison : son fils Antoine.

 

Le retour du balancier

 
Mais où sommes-nous les parents, maintenant que c’est elle qui a besoin d’aide ? Où sont les professionnels du système de l’éducation qui trouvaient important que des parents se mobilisent pour dénoncer l’absence de services aux étudiants, qui épuise le personnel enseignant ?

Et si on reconnaissait le bénévolat d’une femme, d’une mère, qui a tout donné afin que les enfants à besoins particuliers, puissent bénéficier d’une réelle scolarité, à la hauteur de leurs capacités et dans le respect de leur particularité ?

Campagne de sociofinancement de Brigitte dubé.

 

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