Dépression : Le tabou des mères d’enfants autistes

Chère lectrice,

Tu as cru que j’allais revenir, que j’allais recommencer à écrire. Après tout, ce n’était pas la première fois que j’annonçais que j’arrêtais de bloguer. Mais cette fois-ci, en voyant les semaines, les mois s’accumuler, tu t’es dit : « Je pense que c’est vraiment fini, elle n’écrira plus. »

Certains ont cru que j’annonçais mon départ de Ton petit look moms pour aller voir ailleurs. C’est très mal me connaître. Je ne suis pas partie ailleurs mais je n’ai pas vraiment cessé d’écrire non plus.

Il y a mon roman, Le masque de ta mère, que tu peux commander dès aujourd’hui ( Précommande, livraison le 10 NOVEMBRE 2017. Si tu veux une dédicace c’est maintenant !) : en ligne sur le site des Libraires du Québec : https://lst.leslibraires.ca/livres/le-masque-de-ta-mere-nadia-levesque-9782981453334.html

Tu es en Suisse ?

Pas de problème ! Librairie Payot  : https://www.payot.ch/Detail/le_masque_de_ta_mere-nadia_levesque-9791022758239?cId=0

Tu es en France ?

Pas de problème ! Librairie Decitre : https://www.decitre.fr/livres/le-masque-de-ta-mere-9791022758239.html

Il parle de quoi ce livre ?

Cette fiction n’est pas mon histoire. En fait, c’est mon pire cauchemar. Cette idée de roman est venue d’une peur, d’un mauvais rêve que j’ai fait suite au message d’une maman sous l’un de mes textes sur la page Facebook du magazine Planète F. Elle s’était présentée dans une clinique sans rendez-vous pour obtenir de l’aide puisqu’elle ressentait des symptômes de dépression. On l’avait retournée chez elle sans aide immédiate. Suite à son message, visiblement rempli de détresse, j’ai puisé dans mes contacts afin de lui obtenir un accompagnement professionnel et rapide. Elle va bien aujourd’hui. Mais dans les nuits qui ont suivi, ce rêve dans lequel je n’étais pas là, revenait hanter mon sommeil.

J’étais angoissée de voir autant de mamans d’enfants autistes m’écrire, semaine après semaine. Ressentir leur grande détresse face à la lourdeur de leur quotidien. Ça devenait anxiogène. J’ai écrit ce livre pour me délivrer de ça. Ça a fonctionné mais la réalité demeure la même.

Cette fiction est née de mon questionnement sur ce qu’est une blogueuse : pourquoi le suis-je devenue, pourquoi d’autres le deviennent ? Ma réflexion m’a menée à nos rapports avec les réseaux sociaux, l’anonymat et la haine qui y font loi. Et cet espoir ? Celui qui est vendu aux parents comme étant la solution : guérir leur enfant de l’autisme. Que se passe-t-il quand ça n’arrive pas ? Jusqu’où cela peut-il aller ?

Les personnages de Mariane et d’Isabelle n’existent pas, mais elles sont si près de la réalité. Elles sont celles que l’on découvre lorsque tombent les masques…
Si plusieurs parents ont écrit des livres sur la guérison de l’autisme de leurs enfants, aucun n’a dénoncé que si l’espoir de la guérison est un second souffle, lorsque ce dernier n’est qu’un mirage, il se transforme en gouffre.

Mariane, le personnage principal est sombre, instable, dépressive, brisée, mais il y a tellement d’amour derrière ce cœur meurtri. Son processus d’acceptation face à sa « nouvelle vie » est très difficile mais sa vie est-elle réellement finie ou est-ce la dépression qui la fait penser ainsi ?

Mariane et Isabelle ne sont pas toutes les mères d’enfants autistes. Elles sont uniques, comme tu l’es. Si tu as fait un passage dans la dépression, tout en étant maman, tu reconnaîtras peut-être certains de tes combats, de tes réactions en elles, peut-être pas. Ce qui est important pour moi est que tu saches que tu es importante, irremplaçable, que tu ne l’oublie jamais.

Je veux que si monsieur, madame tout le monde, font ta rencontre sur les réseaux sociaux, et que tu as le comportement d’Isabelle ou de Mariane, ils offrent de t’aider, plutôt que de te dire comment tu devrais penser.

Je t’ai écrit un livre, parce que je ne t’oublie pas, même si j’écris moins, que j’étudie beaucoup mais justement, ça c’est parce que je vais bien, que je n’ai plus besoin d’écrire comme avant.

Je t’en souhaite autant. Vraiment. En attendant, bonne lecture et au plaisir de voir tes commentaires dans ma boîte courriel !

À bientôt,
Nadia

Extrait du roman Le masque de ta mère : 

Prologue

Les réseaux sociaux, quelle invention merdique. Qu’est-ce que c’est, au fond ? Des gens qui ne se racontent qu’en partie, qui cherchent l’approbation de leur je-me-moi qui se manifeste par des likes. Vivre dans le regard de l’autre, attendre qu’il t’aime, qu’il te partage, alors que tu ne le connais pas. Ce regard que, lorsque tu le croises, tu constates que son avis ne vaut rien. Que celui qu’il projette est tout, sauf vrai. Tu as été berné, tu t’es émoustillé de son intérêt parce que tu croyais ce que tu voyais défiler sur ton fil d’actualité. Cette déception, tu la vis trop souvent. Chaque fois, tu te sens plus seul que jamais, entouré d’individus par milliers, par millions, qui t’aiment, te détestent, t’ignorent.

Ignorer, fermer les yeux sur ce qui est laid. Envier ce qui est beau, faire son show. Les réseaux sociaux c’est pelleter dans le virtuel ce que tu ne veux pas voir, mais t’approprier dans la réalité ce qui te rend fier d’exister. C’est fermer les yeux sur la détresse qui te passe sous le nez, te dire solidaire, attristé de cette réalité si injuste, révolté par notre société ingrate, tout en ignorant les S.O.S. de ceux que tu likes et partages. Le royaume du paradoxe, de la solitude, du faux et de la détresse psychologique. Un bal masqué où tous sont plus beaux que dans la réalité puisque huit masques tombent chaque jour, en terre québécoise. Sur des larmes ignorées, ces derniers ont glissé. Même si trois s’endorment masqués et ne se réveillent jamais, la fête continue, ni vu, ni connu, ignorant l’envers du décor, là où glissent les masques.

 

 

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