Le récit d’une mère folle

  Assise sur mon lit, je fixais le sol, les yeux dans l’eau. Ma mère s’occupait de ma fille pendant que je tentais de reprendre mes esprits. L’anxiété ne devait pas me paralyser, m’empêcher d’y aller. Il était temps, ça ne pouvait plus attendre. La travailleuse sociale du CLSC me l’avait dit clairement. Ma fille devait avoir un diagnostic rapidement. C’était ma clé pour débarrer cette porte qui restait fermée, celle des services publics pour les enfants autistes. Elle avait déjà trois ans. Il était grand temps. La stimulation avant six ans était cruciale, indispensable. Je ne voulais plus y aller. Je n’étais plus prête. Pourtant, je l’avais traqué jusque chez lui, cet expert. Il m’avait donné rendez-vous à son bureau, quelque part sur l’Île de Montréal, un samedi. Le 6 juillet 2013 à 9h.