Avoir un enfant différent sur les réseaux sociaux !

À la fin du mois de décembre, Canal vie a diffusé le documentaire « Pas facile d’être mère » auquel participait l’orthopédagogue France Paradis. Fidèle à elle-même, elle apportait des points très pertinents. Entre autre, que oui, les réseaux sociaux peuvent nous permettre de nous créer une communauté, mais qu’il est impératif de se regarder vivre, de se rencontrer, de se fréquenter dans la réalité. Loin de nos écrans, de nos réseaux sociaux qui sont uniquement une fenêtre sur notre parentalité.

Cet isolement que je croyais combler par les réseaux sociaux, je connais. Cette erreur, je l’ai faite. Les besoins de ma fille handicapée ont fait fuir une partie de mon entourage puisque je n’avais pas de temps pour eux, pas même pour moi. Ils n’avaient pas de temps à me donner non plus. Ils avaient leurs obligations, donc inévitablement une distance s’est créée au fil des mois, des années. Ceux qui m’ont offert de l’aide avaient des enfants devenus grands ou étaient payés pour le faire. Pas tout à fait comparable à une communauté qui se compose de parents ayant des enfants du même groupe d’âge.

Isolée par cette parentalité dans laquelle je devais jongler entre le handicap de mon aînée et la normalité de mes deux petits derniers, je me suis fiée aux livres, mais le pire, aux réseaux sociaux. Je me suis laissée saouler par des histoires abracadabrantes de mères qui embellissaient leur vie et les acquisitions de leurs enfants. C’est en sortant de ce monde parallèle que me fournissaient les réseaux sociaux que j’ai compris que ma réalité était beaucoup plus dans la norme que je ne le croyais.

Il y a six mois, j’ai fermé mes réseaux sociaux avec un immense besoin de recul. J’avais littéralement l’impression d’étouffer. Je bloguais depuis trois ans, j’avais un lectorat formidable qui prenait de l’ampleur. Je disais à la blague à mon entourage que je n’avais pas un tempérament de blogueuse. J’avais plus le profil d’une auteure qui se cache dans un chalet en bois rond, loin de tous, pour transmettre ses réflexions.

Principalement loin des trolls, ceux-là même qui ont ce si grand besoin d’haïr, de rabaisser, de planter. Malgré que je sache que ces gens sont habités d’une grande souffrance, d’une grande haine qui n’est pas systématiquement en lien avec moi, il est dur de rester indifférente à leurs propos en raison de leur intensité. Ma vie est suffisamment remplie de défis et d’embûches pour rechercher les émotions fortes sur les réseaux sociaux. Ces personnes étaient moins nombreuses que tout l’amour que je recevais, mais le discours était si violent que j’en oubliais tout le beau que je recevais.

J’ai pris une pause de plusieurs semaines et je suis revenue en m’imposant des règles. Je n’aborderais plus certains sujets qui soulevaient les passions au point d’en venir à l’intimidation. Par contre, il était hors de question que je censure ma vie et celle de mes enfants.

J’ai ouvert un nouveau compte Facebook en me permettant de ne pas accueillir des gens qui ont ce besoin d’être le nuage gris quand je partageais un beau moment. J’ai également averti mes amis qui gèrent des groupes de discussions que je ne ferais plus parti de ces groupes. Lorsque je reçois des demandes d’adhésion, je refuse systématiquement. Le besoin de pouvoir, de comparaison, je m’en tiens loin maintenant. J’y ai gagné du temps, mais un sentiment de bien-être également.

Cependant, je ne peux pas m’empêcher de sourire quand je lis des gens s’insurger au nom de la diversité, tout en imposant leur discours comme étant le seul qui est valable et respectable. Ce non-sens mériterait réflexion et remise en question. Pour qu’il y ait changement, l’ouverture est un élément indispensable qui, malheureusement, est trop souvent inexistant sur les réseaux sociaux, car les égos sont souvent beaucoup plus forts que les propos …

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