Je ne suis pas une mère parfaite !

Lorsque je suis devenue maman, j’avais l’impression d’avoir des choses à prouver. Aux autres : parce que j’avais un bébé difficile. À moi : parce que je me trouvais incompétente. Le terme BABI n’existait pas encore malheureusement.

J’encaissais les regards, les remarques et je pleurais. Je trébuchais, je me relevais. C’était ma routine quotidienne. J’ai voulu être forte, être bonne, mais surtout indépendante. Je ne demandais pas d’aide, j’étais capable toute seule. Il me fallut des années pour comprendre le principe qu’il faut un village pour élever un enfant. Ce petit village efficace comme pas un. Ces gens avec qui j’ai appris à partager mes enfants. À leur grand bonheur d’ailleurs.

Mon orgueil, ma fierté étaient navrés de cette défaite, de cette incapacité de gérer toute seule comme une grande, mais le sourire de mes enfants me faisait croire que j’avais eu raison de déléguer.

Le 6 juin dernier, j’assistais à la conférence France Paradis sur le site de Naître et grandir. Orthopédagogue et maman, France m’a libérée d’une dizaine de kilos que je portais sur mes épaules depuis des années. Le poids de la honte, de la défaite.

Elle-même mère d’un enfant à besoins particuliers, elle expliquait simplement que chaque professionnel que nous croisions a sa liste de recommandation pour chaque enfant qu’il évalue. Une évaluation qui se fait selon les normes attendues dans le développement de l’enfant. Des moyennes établies selon des études menées un peu partout dans le monde.

En bonne maman, dévouée pour son enfant, en consultant le spécialiste du langage qu’est l’orthophoniste, je dois donc m’attendre à des recommandations. Même chose pour l’ergothérapeute, le psychologue et la psychoéducatrice. À ça, ajoutons celles du dentiste, du pédiatre et de l’optométriste. Ah pis, on se gâte, on embarque l’enseignant de notre enfant là-dedans

Après les avoir rencontrés dans chacun de leurs bureaux, je me retrouvais avec combien de points à travailler avec mon enfant? On m’offrait des solutions, mais sans ajouter davantage d’heures à mes journées, déjà bien remplies! Comment pouvais-je y arriver?

Délègue, priorise, délaisse et surtout déculpabilise!

Avant d’entendre France, j’ai suivi les listes. J’ai cumulé les rapports que je classais dans un cartable. Je me suis privée de sommeil, au nom de mes responsabilités parentales. J’ai perdu de vue mes plaisirs maternels, étouffé mon instinct, pour devenir une pâle copie d’une super maman dévouée, experte, qui n’existe pas.

Un duplicata qui n’arriverait jamais à la hauteur de cette mère que je souhaitais être puisque c’est impossible de suivre chaque recommandation, de biffer chaque point.

Une mère c’est quoi ? Terme par lequel un enfant appelle sa mère, selon Larousse. Encore une fois, c’est beaucoup plus simple sur papier que dans la réalité. Être une maman, que l’enfant ait des particularités ou pas, c’est d’être trop souvent, divisé entre ses besoins et les tiens. C’est tenter de chasser la culpabilité et de te féliciter parce que la journée s’est bien passée, mais te réveiller le lendemain avec un enfant en crise qui se désorganise.

Parentalité oblige, tu tentes de gérer, mais la situation t’échappe parce que tu es une mère, un père, pas un expert en comportements. Tu ne l’as pas observé, décortiqué. Tu n’en as pas discuté avec des collègues pendant des heures pour en tirer une théorie d’intervention.

Tes sentiments embarquent et le rationnel débarque. Les listes, les techniques, ton jugement se retrouvent dans un coin et tu te laisses guider par ton instinct en te demandant comment ils font les autres parents ce matin.

Ouin ! Comment ils font les autres parents ?

Semblant! On fait tous semblant qu’on gère, que tout se passe bien, qu’on passe à travers toutes les recommandations de chaque rapport. Dans les faits, inévitablement on s’éloigne des piles de papier parce que ce n’est pas la réalité de pouvoir tout appliquer. Ça va au-delà de la parentalité et du temps que nous pouvons allouer dans une journée!

Et si, le réel défi de la parentalité était d’assumer que le parent parfaitement dévoué, outillé, n’existe pas?

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