L’erreur humaine

L’erreur est-elle encore humaine ?

Cette question revient régulièrement dans mon esprit.

Le droit de se tromper, de trébucher, de savoir reconnaître que l’on s’est trompé est un principe que je m’efforce de transmettre à mes enfants. Cependant, je dois être conséquente dans mes actions.

En tant que mère, j’ai dû apprendre à me donner droit à l’erreur, mais également à en assumer les conséquences. Apprendre à me relever lorsque je m’accrochais les pieds dans mes nombreuses tâches parentales ne fut pas une mince affaire. Un réel combat envers moi-même, mais les autres également.

Les autres. Ces gens qui jugeront au moindre faux pas. Ces gens qui ne connaîtront qu’une partie de l’histoire et qui en improviseront le bout manquant parce que c’est divertissant. Pendant qu’ils parlent des autres, ils se font oublier, ils dévient les projecteurs de leurs propres erreurs. Ces gens agiront comme un juré, alors qu’il n’y a pas de procès à faire. Les seules accusations seront les leurs. Elles seront basées sur des propos qui leur appartiennent et qui ne seront pas systématiquement en lien avec l’histoire d’origine.

Ces gens ont toujours existé. Ils faisaient leurs ravages du magasin général, sur le perron de l’église, en rapportant les potinages du village à qui voulaient bien les entendre. S’il suffisait de faire la sourde oreille afin que ces histoires ne traversent pas les limites du village. Les choses ont bien changé avec l’arrivée des réseaux sociaux. Une histoire peut rapidement devenir planétaire et sans limites de commentaires. Chacun y rajoute sa touche personnelle et son jugement bien senti.

C’est à cet instant que l’erreur perd de son humanité. C’est à ce moment qu’un accident devient un crime et que l’empathie est une denrée rare. Il faut du courage pour s’opposer au courant populaire et aux jugements qui s’y rattachent. Un courage sans frontière puisqu’une telle prise de position, qui va à l’encontre de la majorité bruyante sur les réseaux sociaux, peut facilement mener à une intimidation violente et cruelle.

En tant que parent, je revendique le droit à l’erreur. Il est également bienvenu d’avouer à mes enfants que mes mots ont dépassé ma pensée afin d’ouvrir la discussion sur l’importance de reconnaître que l’on est allé trop loin, que l’erreur est humaine.

Cependant, j’ai le devoir d’être conséquente dans mes paroles et mes gestes. Si mes enfants sont constamment témoins de mes jugements gratuits envers autrui, ils seront tentés de faire de même. Si mes enfants entendent mes commentaires désobligeants sur une personne que je ne connais pas, dont j’ignore l’histoire, ils seront portés à suivre mon exemple.

Il est beaucoup plus difficile de prendre le temps de comprendre avant de poser un jugement. Il est également plus complexe de trouver des sujets qui sauront intéresser notre auditoire que de parler des autres, mais c’est la beauté de la culture générale. Autant sur les réseaux sociaux que dans une réunion familiale.

Et si nous transmettions l’art de l’empathie, du respect, de la culture, des passions, de la diversité et non celle des jugements à nos enfants ?

Je pense que ça mérite introspection et réflexion…

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