Autisme : L’intolérance ça fait toujours mal !

Chère madame intolérante,

Vous me trouvez dure ?

Au contraire, je trouve le mot fort bien choisi. Oui, je sais, vous allez me répondre qu’il y a des limites, que cet enfant était totalement incontrôlable, qu’il a dérangé l’éducatrice et les enfants du groupe tout l’après-midi, qu’il n’est pas à sa place parmi les autres, qu’il est incapable de suivre. Visiblement, votre rôle d’accompagnatrice bénévole vous a pesé, aujourd’hui. Lui, dans toute sa différence, a tout gâché !

C’est ce que vous croyez ?

Il vous a tellement exaspéré que, lorsque votre enfant a démontré des signes de fatigue, en fin de journée, vous lui avez répondu sèchement « d’arrêter de faire  son autiste ». Comme si ce commentaire n’était pas suffisant, vous l’avez accompagné d’un regard méprisant à l’endroit de la maman qui mettait le manteau de son enfant, un peu plus loin. Cet enfant qui l’a reçu, ce diagnostic. Cette maman qui doit apprendre à composer avec. L’étiquette que vous décrivez comme la nouvelle mode, l’excuse des parents qui ne savent pas élever leurs enfants. Pourtant, le Trouble Spectre de l’Autisme est le plus complexe de tous les troubles neurodéveloppementaux, selon les chercheurs, just saying. On repassera pour la mode ou la tendance…

Vous savez ce qui me fait sourire ? Vous avez perdu patience après quelques heures exposées à ce qu’est l’autisme d’un enfant. QUELQUES HEURES ! Come on !

Vous savez ce qui m’enrage ? Vous avez méprisé une maman qui, elle, compose avec les manifestations autistiques de son fils chaque jour, chaque nuit et ce, depuis quelques années. Vous avez osé user de méchanceté et tenter de vous élever au-dessus d’une autre mère ! Vous vous êtes empressée de lui rappeler à quel point son fils détonne au travers des autres. Et que ça, ce n’est pas acceptable à vos yeux ?

Vraiment ?

Vous ne vous êtes pas demandée comment elle fait ? Vous n’étiez pas heureuse de lui offrir un petit répit, et ce, l’espace d’un après-midi ? Votre bénévolat était un mal nécessaire, de toute évidence, mais il était une pause grandement méritée pour cette maman.

Je ne vous demande pas de la glorifier, mais vous auriez pu lui partager que ces quelques heures en présence de son fils ont été toute une aventure, que vous êtes fatiguée, mais que vous êtes heureuse de lui avoir offert ces heures de repos. Au-delà des impacts de la différence de l’enfant, vous auriez fait une différence pour cette maman. Se sentir compris, soutenu, ça fait du bien, c’est précieux, c’est RARE. Plutôt que de refouler ses larmes jusqu’à sa voiture, elle vous aurait souri. Et probablement qu’elle aurait répondu merci.

Vous savez, le petit garçon, il fonctionne bien dans son groupe habituellement, il y est à sa place. S’il s’est désorganisé, c’est qu’il y a une raison. Et peut-être que la venue d’une inconnue, encore plus anxieuse que lui, c’était trop pour lui…

Mea maxima culpa !

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